L’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) a récemment mis en lumière les progrès significatifs du secteur industriel national. Au cœur de cette évaluation se trouve le projet structurant mené par le groupe chinois Jiangdong Steel dans la wilaya de M’sila. Neuf mois seulement après la signature du contrat de concession, le chantier affiche déjà un taux de réalisation de 60 %, témoignant d'un rythme d'exécution accéléré.
D'un montant global de 500 millions de dollars, cette usine s'étend sur 36 hectares à Draa El Hadja. Elle ambitionne de devenir une «base industrielle pivot» pour l'acier et les tubes destinés au secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) à l'échelle de l'Afrique du Nord.
La structure de production se divise en deux phases : une première ligne dédiée aux feuilles d'acier (200 000 tonnes/an) et une seconde pour les tuyaux en acier (300 000 tonnes/an). Signe de l'ambition internationale du projet, la moitié de cette production annuelle de 500 000 tonnes est réservée à l'exportation.
Ce projet s'inscrit pleinement dans la stratégie nationale de valorisation des ressources minières. En effet, l'usine fonctionnera à 80 % avec des matières premières locales, s'approvisionnant majoritairement auprès de la mine de fer de Gara Djebilet.
Au-delà de l'aspect productif, l'impact social et technique est considérable. Le complexe devrait générer 1114 emplois directs. De plus, la création d'un centre de formation intégré assurera un transfert de technologie essentiel pour le développement des compétences locales dans le domaine de la sidérurgie.
Cette réalisation n'est qu'une facette d'une tendance plus large. Selon l'ambassade de Chine, les investissements chinois en Algérie atteignent désormais 7 milliards de dollars, touchant des secteurs variés allant de l'industrie aux infrastructures ferroviaires, comme la ligne Tindouf-Béchar.
La Banque mondiale confirme d'ailleurs ce changement de paradigme dans son dernier rapport : la part de la Chine dans les annonces d'IDE en Algérie est passée de moins de 2 % il y a dix ans à environ 33 % entre 2020 et 2025. Ce partenariat stratégique semble ainsi poser les jalons d'une nouvelle ère industrielle pour l'Algérie, axée sur l'exportation et l'intégration des ressources nationales.


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